La dernière nuit

Je me souviens de cette nuit-là. Ma dernière nuit d’insouciance. Cette nuit où je me suis endormie, sereine, tranquille, loin de la mort et de la maladie. Cette nuit où je ne pouvais pas encore imaginer cette solitude, ce vide.

Je me souviens de ce réveil. Brusque, violent. Le téléphone qui sonne, beaucoup trop tôt. Le corps et le coeur qui se raidissent et se serrent en alerte. Mon amie qui décroche, ses pas alors qu’elle court dans les escaliers, la porte de ma chambre qu’elle ouvre soudain, me tendant le téléphone. C’est pour moi, c’est ma tante.

Je me souviens le choc. L’incompréhension. L’envie de se réveiller et que çà ne soit qu’un rêve. L’envie de rembobiner. Que çà ne soit pas réel.

Je me souviens descendre les escaliers, choquée.
Trouver mes deux amies, en pyjama, dans la pénombre, attendant anxieusement que je leur parle.
Je me souviens du froid. Ce matin de Février. L’eau qui bout dans la théière. Mes pieds nus. Mes amies les cheveux en bataille. Leurs regards si pleine de compassion après que je leur ai dit.
Ces mots surréalistes qui sont sortis de ma bouche presque malgré moi. Ces mots que je ne peux pas croire tant ils sont vides de sens.
« C’est mon papa. Il est mourant. Il faut que je rentre tout de suite en France. »

Je suis sous le choc. Vraiment. Je n’avais pas l’impression qu’il allait si mal que çà. Personne ne m’avait dit à quel point son état avait empiré. Personne. Même pas lui.
Je lui parle tous les jours au téléphone. Et soudain il est mourant.
C’est une question de jours, elle m’a dit. Une question de jour. Comment est-ce que c’est possible?

D’ici quelques jours je pourrais me réveiller et ne plus avoir de père? c’est juste inconcevable. D’accord il a un cancer. Mais il est fort. Il est l’homme le plus résistant que je connaisse. Il a survécu une fois. Il était en rémission. Ca ne peut pas être une question de jours.

Je suis tétanisée. Je n’ai pas le temps d’être tétanisée. Il faut que j’achète un billet d’avion, que je trouve une pension pour chat, mon passeport, que je fasse mes bagages, que j’appelle la fac, et tous mes profs, les parents des enfants que je garde. Je suis tétanisée.

On est vendredi. Je dois m’occuper de la fille de mon amie le matin, puis prendre un train pour Nez York et garder un enfant à Manhattan jusqu’à dimanche, comme tous les weekends. Au lieu de çà je vais prendre un avion pour Paris pour aller regarder mon père mourir. C’est un cauchemar, c’est obligé. C’est un cauchemar et je vais bien finir par me réveiller.

Je suis tétanisée. Six mois que je l’ai pas vu. La dernière fois il était chez lui, en rémission, en forme. Quelques semaines après, récidive. Foutu cancer. Putain de cigarettes. Il était hospitalisé de nouveau. A Noël je ne suis pas rentrée. Je ne sais plus exactement pourquoi. Il y avait plein de raisons. Mais aucune bonne. Que des excuses. Je m’en veux encore. Le dernier Noël de mon père et je ne suis pas rentrée le passer avec lui. J’y pense à chaque Noël. Je me détesterai toujours pour çà.

Je ne me souviens pas du voyage. Je me souviens arriver dans sa chambre. Je me souviens de son teint gris pâle, de ses joues creuses, de sa faiblesse et de sa voix rauque. Je me souviens des étoiles dans ses yeux, quand il m’a vue, mon papa. Je me souviens de ma culpabilité, d’être partie, de ne pas être restée auprès de lui.

Les jours suivants sont un brouillard. Un brouillard de souvenirs entremêlés. Je flotte. C’est tellement irréel cette situation. Mon père si faible. Qui ne peut plus manger seul. Qui ne tient plus debout. Je suis partie six mois et je n’aurais plus jamais vu mon père debout. Le pessimisme des médecins, l’angoisse, la mort, partout.

Moi je veux un miracle. Je veux qu’il remonte la pente, comme la dernière fois. Je veux qu’ils se trompent tous, et que mon père leur prouvent à tous qu’ils ont tort. Je veux remonter le temps, loin très loin, et qu’il ne commence jamais à fumer. Je veux un miracle.

Parce que je ne peux pas être orpheline. Non, je ne peux pas perdre mon dernier parent. Pas comme çà, pas si vite. Pas déjà alors que j’ai à peine plus de trente ans. Je ne peux pas perdre mon papa. Pas lui, pas maintenant. Il me restera quoi? Il me restera qui? C’est lui qui m’a mise au monde, je suis une partie de lui. Je ne serai pas ici sans lui. Il est mon pilier, mon meilleur ami, celui qui m’a toujours soutenue. C’est mon papa. Je ne sais pas vivre sans lui. Je sais pas comment exister dans un monde dans lequel il ne serait plus.

Non c’est inconcevable. Tout serait bien trop brutal. Ca ne peut pas arriver. Je suis tétanisée, tout le temps. Je ne veux pas le laisser seul. Il a cette peur panique de mourir seul. Je le sais. Il me l’a dit. J’ai peur de le laisser et que çà m’arrive. Je passe mes journées à l’hôpital. La nuit je ne dors pas, dans la chambre de mon enfance, téléphone à porter de main, vêtements prêts au pied du lit. Ils ont promis de m’appeler, « si c’était le moment … »

Et son état empire, il dort plus, mange moins, sa toux est plus rauque. Le 11 mars ils me disent qu’il ne passera pas la nuit. Le 12 au matin, il est toujours là, faible mais là.
Je me dis qu’il attend le 18. Ma mère est morte un 18 mars, vingt trois ans plus tôt elle se jetais dans une rivière. Je suis persuadée qu’il veux la rejoindre le 18. Et je suis persuadée qu’il va aller mieux. Je ne sais plus ce que je crois. Je suis tétanisée.

Tout est un brouillard. Je me souviens de cette infirmière désagréable, qui trouve que je passe trop de temps auprès de lui, je me souviens de son médecin qui n’arrive plus à me regarder dans les yeux, je me souviens d’essayer si fort, tout le temps, d’être forte et de ne pas pleurer, je me souviens de craquer dans les bras d’une aide soignante, je me souviens de ce jour où je lui ai amené son chien à l’hôpital pour qu’il lui dise adieu, je me souviens de la dame de la pension pour chats qui étrangement à été un grand soutien, je me souviens de ma détresse, constante, panique. Cette sensation d’être essoufflée dans ma tête plutôt que dans mon corps. D’avoir le vertige tout le temps.

Et puis çà s’accélère. Un jour on partage un gâteau lui et moi sur le bord de son lit, et le lendemain il s’endort. D’un sommeil si profond, il ne se réveillera plus. Depuis des jours déjà je vis à l’hôpital. Ils m’ont installé un lit de camp, je ne quitte l’hôpital que pour me laver, à condition que quelqu’un me remplace à son chevet. Toujours cette peur qu’il puisse mourir seul.

17 mars. J’ai une sensation de flottement étrange. Tout est si irréel. Il ne se réveille plus depuis des jours, un râle atroce sort de sa poitrine avec chaque respiration qu’il prend. Soudain il est devenu rachitique. Sa montre qui tenait si bien à son poignet pend misérablement comme un bracelet trop grand. Je lui parle, tout le temps. Je ne sais pas si il m’entend. Je lui tiens la main, je lui masse les bras et les jambes, sa peau si sèche qu’elle s’effrite. L’infirmière m’apporte un pichet de sirop de cassis. Je le sirote toute la soirée. Après cette nuit je ne pourrai plus jamais en boire. J’appelle un ami aux Etats-Unis, il est si tard ici, je suis trop seule dans mon coeur.

Je finis par me coucher, un peu après minuit, dans ce lit de camps, tout prêt de lui. On est 18 mars. Ca y est. Je pense à ma mère. Il y a 23 ans elle était dans ce même hôpital. Elle y passait sa dernière nuit, quittait ce monde vers 4h du matin.

Je ne sais pas comment, mais je m’endors, au son des grondements de la respiration de mon père. Je me réveille soudain dans le silence. Au bruit de mon propre coeur qui bat dans ma poitrine.
Il ne respire plus. Mais çà n’est pas possible qu’il ne respire plus. C’est juste impossible. Je ne peux pas perdre mon papa. Il ne peut pas être mort. Ca ne peut pas être vrai. Je cherche son pouls. Frénétiquement. Maladroitement. Dans son cou d’abord. Il est bouillant. Je ne le trouve pas. A son poignet ensuite, en glissant mes doigts sous sa montre trop grande. J’essais de sentir sa respiration sur sa poitrine. Je bloque la mienne pour entendre la sienne, mais il n’y a rien. Je pose ma main dessus, mais rien, elle ne se lève plus. Ses côtes se sont creuses. Il n’y a plus aucun mouvement.
Mais çà n’est pas possible. Il ne peut pas être mort. Je reste tétanisée.

La porte s’ouvre. Entre l’infirmière et l’aide-soignante.
Je crois qu’il nous a quitté, je dis sans m’en rendre compte.
Oui, il est partit. Elle me répond, après avoir pris son poignet dans sa main.

Je suis tétanisée. Encore. Je ne réalise rien. Quelque chose de très lourd et d’invisible vient de me tomber dessus. Je suis anesthésiée. Je suis choquée. Je savais qu’il était mourant , je croyais m’y être préparé, mais non, je suis choquée. Je ne peux pas comprendre que çà soit arriver. Que désormais dans ce monde il n’y a plus mon papa. Cet être merveilleux qui m’a fait venir sur terre. C’est inconcevable. Ca ne peut pas rester vrai.

Elle dépose sa montre trop grande dans ma main, je la regarde, il est 4h du matin passé. Elle me dit qu’ainsi, elle fera toujours tictac dans mon coeur.
Elle me dit qu’il venait de mourir, quand je l’ai trouvé ainsi, sans vie. Je lui dis que je m’en veux. Il est mort seul parce que je suis endormie. Elle me dit que non. J’étais là. Elle me dit qu’il le savait. Qu’il a attendu que je sois endormie pour partir. Elle me dit qu’il savait qu’il n’était pas seul quand il est partit.

Je m’installe à coté de lui, dans cette chambre maintenant trop silencieuse. Mon père, si froid maintenant. Ce qui était mon père. Parce qu’il n’y a plus ses yeux rieurs, ni son accent chantant, ni sa vulgarité si touchante, ni sa générosité extraordinaire, ni son amour inconditionnel pour moi, non il n’y a plus rien, dans ce corps froid que je n’arrive pas à reconnaitre. Je ne sais plus où il est, mon père. Ni même s’il existe encore quelque part. Je lui prend la main, je lui demande pardon, de l’avoir laisser tout seul ses six derniers mois. Je lui dis que je l’aime. J’embrasse son front, sa main. Je lui dis aurevoir. Je n’arrive plus à le toucher. Ni à rester près de lui. Parce qu’il n’est plus là, mon père. Il n’est plus dans ce corps.

Je suis tétanisée. Je suis anesthésiée. J’ai si mal que je ne souffre pas. Si choquée que je ne pleure pas. Pas cette nuit-là en tout cas. Pas là-bas, dans cet hôpital.

Dans quelques jours dans un avion pour New York, je vais soudain fondre en larmes, et je ne pourrai plus m’arrêter pendant des semaines.
Parce que soudain dans cet avion, je vais réaliser que je ne pourrai pas appeler mon père en arrivant. Je ne pourrais plus jamais appeler mon père, je ne pourrai plus jamais lui parler, je ne pourrai plus jamais lui demander conseil, ni m’engueuler avec lui. Je n’entendrai plus jamais sa voix, ni ses blagues idiotes.

Et c’est d’une telle violence, que je ne crois pas que je pourrai m’y faire un jour.

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40 réponses à “La dernière nuit

  1. Ma Callie, comme ton billet me touche ❤ J'en pleure à chaudes larmes… Les remords, les regrets, et vivre avec est insoutenable… J'ai perdu mon beau-père il y a deux ans et demi, il s'est suicidé. Mais depuis je suis hantée par ces mots que j'aurais dû lui dire, par ces instants que j'ai gâché…

    J'ai de la chance d'avoir encore mon papa, et je la savoure tout les jours…

    Je t'embrasse bien fort ❤

  2. Je pense comme les infirmières : il savait que tu étais là, il a lâché prise quand il s’est senti prêt. Des regrets, tu en auras quoi que tu aies fait ou non avec lui avant qu’il ne te quitte. C’est humain, c’est l’amour.
    Mon coeur pleure avec le tien. Mais de ce que je lis de toi, tu es une femme forte, tu feras vivre le souvenir de ton père pour ton fils.

  3. parce que je t’ai lue jusqu’au bout et que j’ai versé quelques larmes en pensant fort à toi, je te laisse ce petit message….

  4. J’ai hésité et puis je ne peux pas ne pas t’écrire. Bien sûr, j’ai pleuré. Bien sûr, j’ai juste envie de te prendre dans mes bras même si je ne te connais pas. Envie de te dire qu’un jour tu revivras, avec des trous pansés, mais tu le sais déjà.
    C’est juste nul à chier, à gerber de tristesse, la vie quand elle s’acharne comme ça. Je suis de tout mon cœur avec toi dans cette épreuve que tu as si magnifiquement retranscrite.

    • Merci. Ca remonte à quelques années maintenant, ça fera 6 ans cette année, et je vais mieux, même si c’est toujours aussi douloureux ces souvenirs

  5. des mots des larmes et des souvenirs qui remontent j’ai perdu aussi mon père j’avais 12 ans et encore tant de choses à lui dire mon bac mon permis mon mariage mes enfants, j’ai encore ma maman et j’imagine plus vivre ça !! ma grand mère à fermé les yeux quand j’ai accouché de ma fille et lui ai présenté le lendemain elle arrêtait de se battre contre son cancer. Cette impuissance fasse à la maladie ! l’impression de ne pas leur avoir tout dit se demander à chaque étape de notre vie ce qu’ils nous auraient dis conseillé , je ne suis pas croyante je vais jamais au cimetière mais mon père a toujours vécu dans mon cœur je pense qu’il est la force qui m’a fait avancer et me battre et maintenant maman d’un enfant insuffisant respiratoire ventilé sur machine 24h sur 24 je sais que ma force je lui doit (à ma maman aussi) ils nous ont cré et leurs gènes sont en nous alors saches que tu restera comme moi toujours sa fierté ou qu’il soit il veille surement aussi sur toi
    Merci de nous avoir ouvert un petit coin de ton intimité même si j’en pleure je vais mieux aussi ❤

  6. Juste pour laisser une trace de mon passage, te dire que je t’ai lu.
    Je suis nul pour trouver les mots.
    Ne culpabilise pas d’être part si loin, si longtemps.
    Tu étais là pour lui au moment le plus important, il le savait.
    Il ne voulait pas que tu sois éveiller pour le voir partir. Ne t’en veux pas de t’être laissé aller au sommeil quelques heures ❤

  7. Mon papa nous a quitté le 20 avril 2009, je n’en suis toujours pas remise. J’ai cru lire mon histoire sauf que mon papa avait la maladie de Parkinson, il est décédé dans une maison de repos après avoir passé 3 semaines à l’hôpital, il allait mieux, avait regrossi…. Je m’en veux de l’avoir laissé dans cette maison de repos si loin de la maison ou aucune infirmière ne prenait soin de lui alors que dans l’hôpital de notre ville, il y avait toujours une infirmière pour plaisanter avec lui même si il n’avait plus toute sa tête… je venais le faire manger tout les soirs dans cet hôpital. Je m’en veux de ne pas avoir été le voir plus souvent dans cette maison de repos où l’on ne voyait jamais personne. Une fois, j’ai trouver un post-it sous la télé qui disait qu’il lui fallait un nécessaire de toilette, et le téléphone, ils connaissent pas dans cette maison!!! Il a remaigri, énormément… Normal, je n’ai jamais vu une infirmière a cette étage, personne!!!! Dans la chambre d’en face, un monsieur de la même ville que nous et qui le connaissais de vu nous a dit que la nuit, il toussait vraiment très fort et avait du mal a respirer mais que jamais personne ne venait le voir!!!! Lui, aurait bien voulu aider mon papa mais avait le fémur cassé. En arrivant dans la chambre ce jour là, le samedi 18 avril 2009, il avait un appareil et un masque sur la table de nuit et il était brulant de fièvre… Un médicament pour la fièvre était posé sur sa table roulante, personne n’avait pris la peine de lui donner… Comme explication, on nous a dit qu’il avait pris froid parce que la femme qui fait le ménage ouvrait la fenêtre pdt qu’elle nettoyait. Je rêve!!!!! A la fin de la journée, sur le point de partir, je l’ai embrassé, j’avais la main dans la sienne, il ne voulait pas la lâché et son regard n’était pas comme d’habitude. Je lui ai dit que je partais et que je reviendrai dimanche où lundi…. Je lui ai dit de bien mangé, et là il m’a dit « Promis » c’est la dernière chose qu’il m’ai dit!!!! Je n’ai pas pu venir le dimanche……. Le lundi matin, je me réveille à 9h20, je descend dans la cuisine, je prépare le petit déj, et là vers 10h, le téléphone sonne, je reconnais le numéro de la maison de repos, je ne veux pas décrocher, je sais trop ce qu’ils vont me dire….. Je décroche et là, on m’annonce que mon papa est parti à….. 9h20. J’ai également perdu mon pilier, mon meilleur ami, mon confident…. Je n’ai plus personne a qui parler de certaine chose, j’ai toujours ma mère mais je n’ai jamais réussi à parler de quoique se soit avec elle, j’ai l’impression qu’elle s’en moque de ce que je fait, ce que je pense…. ça l’in téresse pas!!!!
    Il me manque toujours autant, son accent chantant (mon père est né à Preignac en Gironde et a vécu à Carcassonne avant de monter dans l’Oise pour travailler) , ses blagues, ses coups de gueule!!! Ses chansons de Brassens, Ferré, Ferrat et bien d’autres. Sa passion pour le rugby qu’il a transmis à mes neveux, les enfants de mon frêre. Enfin, tout ça pour te dire que l’on continu de vivre mais que l’on oubli jamais et que la douleur est toujours là, présente et ressurgi au moindre souvenirs!!!!

    De tout coeur avec toi et excuse moi d’avoir monopoliser cette page.

  8. C est avec de mêmes souvenirs que j ai pris le temps de te lire ….j ai vécu les mêmes moments ,les memes angoisses,les mêmes chocs, les mêmes souffrances ,les mêmes images,les memes regrets ,les mêmes attentes,les mêmes regards,….un jour j apprends que mon père est atteint d une tumeur au cerveau ….et je me revois dans ton histoire …tu as été aussi très courageuse que Moi ,et je comprends tout à fait tout ce que tu vivais au quotidien .de voir notre père ,qui était jusque là débordant d énergie ,sur ce lit d hôpital sans vie se faner comme une fleur ….c est juste un cauchemard ….Meme si cela fait 6 ans et Moi 10 ans …il seront à jamais gravés dans notre cœur, notre tête …et mon regret actuel ,je sais pas pour toi ? ,car il y en aura tout le temps ,c est qu il ne m aie pas connue « maman » et qu il n aie pas pu connaître mes enfants et mon mari …je t embrasse très fort .profites de ta vie actuelle .mon cœur est avec toi…et merci pour ton texte que tu as si bien écrit …..Bisou ma jolie

  9. Je suis soufflée par ton texte, il me retourne, je n’ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens, pas de mots pour te dire à quel point j’aimerai te soutenir (même si la douleur s’atténue un peu avec les années)…
    Pleins de bisous d’amitié 🙂

  10. Je crois que toutes les personnes qui liront ce texte à la fois si bien écrit et si triste vont pleurer à chaudes larmes, comme moi ce matin !

  11. Je savais en lisant le titre, les premières phrases que ton article me toucherait, que je pleurerais, mais je l’ai fait, je l’ai lu jusqu’au bout … et mes larmes coulent tjs !
    Quelle dures épreuves qui te sont tombées dessus ! Et avec quel courage tu les as traversé !

  12. En te lisant je me suis mise à pleurer comme un bébé sa m’a également fait remonter des (non) souvenir avec mon propre père il ne m’a pas reconnu mais je savait qui il était car c’était mon oncle (ma mère à coucher avec le Mari de sa sœur ) et quant il est décédé plein de remord son arriver comme j’aurais du aller le voir avant pour lui dit que je savait et savoir pourquoi il ne m’a pas reconnu et maintenant je préfère me t’appeller les bons moment ( même si je me pose toujours des questions sa fait 2 ans qu’il est parti ) bref tous sa pour dire c’est tellement injuste la mort je suis de tous cœur avec toi

  13. Ce téléphone, je le déteste ! Après une nuit blanche à bosser sur un projet inutile, il sonne :
    « Allô mon amooooour ?
    – Ça y est.
    – Pardon ?
    – Ma mère est partie. Je vais à l’hôpital. Il y a plein de papiers à faire.
    – Ok. As-tu envie, as-tu besoin que je vienne ?
    – Non. Va en cours. Ma sœur sera là.
    – D’accord. Je n’éteindrai pas mon téléphone. N’hésite pas, quelle que soit l’heure je décroche.
    – Ok.
    – Je t’aime, tu sais.
    – Merci. Bisou. »
    Une journée terrible, à penser à eux, sans réussir à choisir les couleurs de mes projets. Et puis à 13h je ne tiens plus, je l’appelle.
    « Vous êtes où ?
    – En ville. On cherche des billets pour faire venir la famille. »
    Là je sais que je pourrai être utile, le soutenir efficacement.
    « Je viens. » Mes professeurs sont allés gentiment de faire voir et je suis partie. S’en suit une journée terriblement épuisante. Négociations, fonds à trouver, papiers à trouver, à faire…
    La nuit qui a suivi a été courte mais nous avons étrangement très bien dormi.
    Entre 2 nuits le monde avait changé. Pas le mien, d’accord, mais j’ai ressenti chacune de ses émotions. Foutu cancer !
    Merci à toi d’avoir eu la force de partager ça avec nous. Tu a fait tout ce que tu avais à faire. Il n’est pas mort seul. Ainsi, tu lui as permi de se sentir libre de partir sans crainte. Tu as été une fille formidable ! Et tu es une femme extra !

    • Oh oui c’est dur! Désolée que tu aies eu à vivre çà toi aussi! je vais lire ton billet!

  14. j’ai pleurer presque du début à la fin, c’est la première fois que je te lis et quelle première fois pfiouuuuu !!

  15. Petit mot pour te dire que ton billet m’a beaucoup touchée, comme d’autres, j’en ai pleuré. Il est juste, beau, bien écrit. Je pense que je m’en souviendrais longtemps.

  16. J’ai réussi a ne pas pleurer mais ton billet est si fort si dur que je serai incapable de le relire sans hurler de douleur.
    Tant de tristesse. J’ai pas les mots.

  17. Je suis terriblement émue et j’ai de l’eau plein les yeux. Cela me fait pensé à la mort de mon grand père (cancer du foie) Mise à part ça, je trouve que ce texte est un bel hommage à votre dévouement et à votre père.

  18. Je suis très touchée et je pleure à chaudes larmes en lisant votre récit. Je suis en train de perdre mon père dans les même conditions et je suis à 800 kms de lui. Ma mère est près de lui mais pas moi. J’ai peur de le découvrir si diminué et désorienté par le morphine. Je m’en veux de ce manque de courage même si je l’ai eu en ligne il y a quelques jours et qu’il m’a dit que ce n’est pas la peine de venir tout de suite car j’ai déjà pris des billets pour dans 15 jours. Je me sens mal, c’est horrible…

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